Pour une écologie intégrale!

À l’occasion du jour de la terre qui se célèbre annuellement le 22 avril, voici quelques statistiques glanées sur internet : • De 15 à 37% de la biodiversité disparaitrait d’ici 2050. • Chaque année entre 13 et 15 millions d’hectares de forêts disparaissent. • Selon le WWF, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit acheté localement et en saison. • Le soleil offre à la terre 15000 fois plus d’énergie que l’homme n’en consomme. Mais le solaire et les énergies renouvelables ne représentent que 0,4% de la production énergétique mondiale.

Il y a 7 ans, le pape François publiait une lettre encyclique importante, Laudato sì, sur la sauvegarde de la maison commune. Dans cette lettre, il nous rappelait que « notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts » (LS, 1).

La beauté de cette terre est mise à mal par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu nous a confiés. Dès le livre de la Genèse, le Créateur a remis à l’homme et la femme son œuvre : « Dieu les bénit et Dieu leur dit : “Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre!” Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon » (Genèse 1, 28.31). Mais qu’avons-nous fait de cette confiance?

Les scientifiques et les environnementalistes lancent depuis de nombreuses années le cri d’alarme. À chaque publication, l’avertissement devient de plus en plus sérieux. Le point de non-retour est presque atteint. Le réchauffement climatique menace l’humanité avec des phénomènes météorologiques de plus en plus sévères. Les océans sont menacés et les populations côtières – où plus de 20% de la population mondiale habite à moins de 30 kilomètres des côtes – risquent d’être inondées. Sans compter l’accumulation des déchets, le gaspillage de nourriture, l’exploitation éhontée de la terre pour subvenir aux besoins d’une minorité, les désastres écologiques produits par des compagnies minières qui empoisonnent littéralement la vie de populations pauvres et sans défense, etc.

Devant ce sombre panorama, que pouvons-nous faire? Chaque petit geste posé par chaque personne apporte une partie de solution. Faire le choix d’une bouteille d’eau réutilisable au lieu de jeter une après l’autre de multiples bouteilles en plastique; ne pas utiliser de pesticides et planter des fleurs autour de sa maison pour soutenir et attirer les abeilles; choisir de limiter ses déplacements et planter un arbre pour chaque voyage en avion; voilà autant d’actions à la portée de tous pour prendre soin de la maison commune.

Prendre soin de la maison commune… et plus encore!

Mais l’écologie intégrale nous invite à une réflexion plus grande encore. Tout est lié… et donc, ce n’est pas uniquement la nature et l’environnement qui sont touchés; c’est aussi la personne humaine, la famille, la communauté locale, la société, les pays, jusqu’à la vie internationale. Car nous le savons, nous vivons désormais dans un village global… et ce qui arrive dans un coin du globe touche d’une façon ou d’une autre, éventuellement, l’autre bout du monde.

« La vision consumériste de l’être humain, encouragée par les engrenages de l’économie globalisée actuelle, tend à homogénéiser les cultures et à affaiblir l’immense variété culturelle, qui est un trésor de l’humanité » (LS, 144). Le pape François nous met en garde contre ce risque. « La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale » (LS, 145). On n’a qu’à penser aux cultures autochtones et leurs traditions, ici et ailleurs dans le monde. La colonisation – mais aussi l’imposition de nos modes de production – ont profondément altéré le cours de l’histoire de nombreux peuples. Et c’est toute l’écologie humaine qui est atteinte en plein cœur!

Mais cette écologie humaine touche toutes les cultures et toute la vie quotidienne. C’est la circulation automobile dans les villes qui fait perdre un temps fou matin et soir. Ce sont les logements inadéquats pour accueillir les familles. C’est la pollution ambiante qui menace la santé. C’est l’abandon du terroir par l’état dans nombre de pays qui portent préjudice à nombre de paysans. C’est la pauvreté qui grandit pour l’immense majorité et la richesse qui s’accumule de façon effarante pour un nombre de plus en plus réduit. Et la liste pourrait continuer… En reprenant chacune de ces situations, je vois des visages d’hommes et de femmes qui portent une souffrance dans leur corps, réclamant tout simplement la dignité que mérite tout être humain.

Notre lutte pour un monde meilleur, pour un environnement plus sain, s’inscrit dans une quête pour la justice et la paix, pour le bien commun. C’est alors que nos choix sociaux – et même environnementaux – auront une couleur d’option préférentielle pour les pauvres et de solidarité humaine avec chacun de nos frères et sœurs. Nous choisirons de sortir de l’immédiateté en prévoyant un développement durable avec une solidarité intergénérationnelle, « puisque la terre que nous recevons appartient aussi à ceux qui viendront » (LS, 159).

Quel monde lèguerons-nous à ceux qui viennent après nous? Dans quel environnement grandiront nos enfants? « Quand nous nous interrogeons sur le monde que nous voulons laisser, nous parlons surtout de son orientation générale, de son sens, de ses valeurs. Si cette question de fond n’est pas prise en compte, je ne crois pas que nos préoccupations écologiques puissent obtenir des effets significatifs » (LS, 160).

Le 22 avril, en célébrant le jour de la Terre, pensons que c’est bien plus qu’un clin d’œil à notre planète bleue. C’est un geste de solidarité et d’écologie humaine pour un monde nouveau, pour un monde meilleur!

Partagez sur vos réseaux sociaux:
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur pinterest
Pinterest
Partager sur linkedin
LinkedIn